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Accès libre · 27 juillet 2026

ENDURANCE INSIDE #1 – JUILLET 2026

Par Michael Lecuivre · CoachMika

Juillet : un esprit vacances... mais certainement pas pour tout le monde !

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Pendant que beaucoup profitent enfin des vacances, le sport d'endurance, lui, ne ralentit jamais. Bien au contraire. Juillet est probablement le mois le plus intense de l'année : le Tour de France monopolise l'attention, les courses IRONMAN s'enchaînent, les XTRI continuent d'attirer les aventuriers, tandis que le T100 semble malheureusement poursuivre sa lente descente...

Petit tour d'horizon de ce qui m'a marqué ce mois-ci.

Le Tour de France : Pogacar domine... mais les vraies histoires sont ailleurs

Oui, Tadej Pogačar confirme une nouvelle fois qu'il est probablement le coureur le plus complet de sa génération.

Mais ce Tour ne se résume pas à son maillot jaune.

J'ai adoré voir Mathieu Van der Poel aller chercher une victoire d'étape à sa manière : panache, attaque, puissance brute. Le genre de coureur qui rappelle que le vélo est aussi un sport d'instinct.

L'autre énorme satisfaction française reste évidemment Paul Seixas.

Sa 4ème place est presque irréelle lorsqu'on connaît son âge et son potentiel. Le talent est immense.

Mais justement... j'espère maintenant que son entourage saura être patient.

Je préférerais largement le voir récupérer, continuer à construire son moteur progressivement et aller apprendre le métier sur un Giro ou une Vuelta plutôt que de brûler les étapes. Les grands champions durent parce qu'ils savent respecter leur développement.

Et puis il y a un homme qui force toujours le respect :

Richard Carapaz.

Il ne gagnera peut-être plus un Tour de France.

Mais quelle grinta.

Chaque attaque semble être menée comme si c'était la dernière de sa carrière. C'est exactement cette mentalité qui fait les grands champions : ne jamais accepter la fatalité.

IRONMAN Lake Placid : les messages envoyés à Kona

Cette édition de Lake Placid a probablement redistribué plusieurs cartes pour Kona.

Paula Findlay : la maturité paie

À 37 ans, Paula Findlay démontre une nouvelle fois que l'expérience reste une arme énorme sur longue distance.

Une gestion de course quasi parfaite, aucune précipitation, et une victoire pleinement méritée.

À une époque où l'on cherche souvent les nouveaux prodiges, elle rappelle qu'on peut encore progresser après 35 ans.

Chelsea Sodaro : une descente aux enfers

À l'inverse, difficile de ne pas être inquiet pour Chelsea Sodaro.

La championne du monde 2022 semble enchaîner les courses compliquées, meme après une longue pause.

Le très haut niveau est cruel : quelques pourcents de moins suffisent pour passer d'une victoire mondiale à une lutte pour simplement terminer.

Elle valide son ticket pour Kona 2026 (finisher d'un IM en étant ancien vainqueur dans les 3 dernières années), mais le temps de récupération et d'adaptation va être court pour renverser une tendance qui est à la catastrophe si on veut être un tant soit peu honnête.

Espérons qu'elle retrouve rapidement les sensations qui avaient fait d'elle l'une des meilleures marathoniennes du circuit, mais sans une certaines constances dans ces choix et stratégies, l'avenir parait bien sombre pour le moment...

Martin Van Riel : le message est envoyé

S'il y avait encore des doutes sur sa capacité à performer sur IRONMAN...

Ils n'existent plus.

En abaissant le record du parcours de plus de 10 minutes, Martin Van Riel envoie un énorme signal.

Plus encore, il montre que les spécialistes du court et du half peuvent parfaitement réussir leur transition vers le très longue distance. Bon, le gazier avait déjà bien rappelé qu'il était là à Nice sur les WC en Septembre 2025 mais là, il fait une saison tout simplement ENORME

Et surtout...

Il envoie un message très clair aux Norvégiens.

Kona ne sera pas une promenade de santé: il y aura grosse bagarre, et il y aura un (ou plusieurs) magnifique duel annoncé.

Jason West : le courage récompensé

Impossible de ne pas saluer également Jason West.

Victime de crampes sur le marathon, obligé de s'allonger de longues secondes pour étirer ses psoas, il refuse pourtant d'abandonner le combat.

Résultat :

4ème place.

Parfois, les performances les plus impressionnantes ne sont pas les victoires mais la capacité à continuer malgré un corps qui dit stop. Sa technique de course à pied n'est pas "traditionnelle", mais force est de constater qu'il est encore capable de sortir des chronos de dinguos!!!!

IRONMAN 70.3 Boise : Sam Long... fidèle à lui-même

Impossible de parler de Boise sans évoquer Sam "YO YO YO" Long.

On aime ou on déteste le personnage.

Personnellement, j'adore.

Il assume totalement son style, sors de moins en moins loin des gros nageurs, attaque le vélo sans complexe (en meme temps, comment en avoir quand on roule à 48km/h de moyenne 😱) et il continue de progresser et d'enfiler les victoires sur 70.3 saison après saison.

Sa victoire est loin d'être un hasard.

Vincent Luis continue d'apprendre

Belle 4ème place également pour Vincent Luis.

La transition vers le longue distance continue.

On retrouve toujours :

  • une natation exceptionnelle,

  • une capacité de course à pied énorme,

  • mais un déficit qui reste évident sur le vélo.

Si Vincent veut réellement jouer les premiers rôles à Kona, il faudra encore franchir un cap sur cette discipline.

La bonne nouvelle ? Le moteur est là. Le potentiel aussi.

XTRI ASCEND : une première édition déjà mythique

Les XTRI ont cette capacité unique à raconter des histoires humaines.

Cette première édition d'ASCEND semble déjà entrer dans cette catégorie.

Des conditions dantesques.

Des paysages incroyables.

Une course qui pousse chacun dans ses retranchements.

Et surtout...

Un immense bravo à Benoît, finisher de cette première édition.

Ce sont exactement ces aventures qui rappellent pourquoi nous faisons du triathlon.

Pas uniquement pour les chronos.

Mais aussi pour vivre quelque chose d'unique.

T100 : de la révolution annoncée à la grande déception

Je vais terminer par un sujet plus personnel.

J'ai été parmi les premiers à croire au projet T100.

J'adorais l'idée.

Un circuit professionnel lisible.

Des retransmissions modernes.

Une saison construite autour des meilleurs.

Mais depuis T100 Fréjus 2025, j'ai le sentiment que la franchise accumule les mauvaises décisions.

Calendrier peu cohérent.

Communication parfois incompréhensible.

Annulations.

Incertitudes.

On a aujourd'hui l'impression que le projet perd progressivement son identité.

C'est dommage.

Parce que le triathlon professionnel avait besoin d'une alternative crédible.

J'espère sincèrement me tromper.

Mais aujourd'hui, je suis beaucoup moins optimiste qu'il y a encore deux ans.

Embrunman : le géant approche...

Impossible de terminer cette newsletter sans avoir une pensée pour l'Embrunman, qui se profile désormais à l'horizon. Dans quelques jours, Marvin et Aurore prendront le départ de cette course mythique pour la toute première fois.

L'Embrunman, ce n'est pas seulement un IRONMAN plus difficile. C'est une aventure à part, où l'humilité, la gestion de l'effort et la capacité à rester lucide pendant plus de douze heures feront toute la différence. Le travail est fait, les longues sorties se sont enchaînées, les doutes aussi parfois... Il ne reste plus qu'à profiter de l'expérience et à savourer chaque instant de cette journée si particulière.

Je leur souhaite une course à la hauteur de leur investissement de ces derniers mois. Rendez-vous sur les pentes de l'izzard et de l'autre côté de la ligne d'arrivée... avec, je l'espère, la médaille et le maillot de finishers de l'Embrunman !

Le mot de la fin

Juillet rappelle une chose essentielle.

Pendant que beaucoup lèvent le pied, les plus grands continuent de construire leur saison. Mais surtout, n'oubliez jamais que si ils brillent en été, c'est aussi voir surtout qu'ils ont poncé le bitume tout l'hiver, et pas seulement l'année dernière...

Le Tour prépare déjà les classiques de fin d'année.

Les spécialistes IRONMAN viennent de rentrer dans leur préparation finale pour un enchaînement quasi généralisé Nice 70.3 - Kona.

Les aventuriers repoussent encore leurs limites sur les EMBRUNMAN, TRI DE L'ALPE D'HUEZ et autre XTRI.

L'été est souvent perçu comme une période de relâche.

Pour les champions, c'est souvent exactement l'inverse.

Alors profitez des vacances si vous en avez... mais gardez un minimum de régularité. En endurance, les plus gros écarts de progression se construisent rarement dans les séances héroïques. Ils naissent surtout de la capacité à enchaîner les semaines, même lorsque tout le monde est en mode "pause".

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